Le Bulletin Sanitaire du Groupe de Travail Veille Sanitaire International (GT VSI) vise à faire une synthèse de l’évolution de l’état sanitaire et réglementaire d’un organisme nuisible réglementé ciblé, à l’échelle de la France, de l’UE, et parfois plus largement à l’échelle internationale. Ce bulletin validé par une cellule éditoriale composée d’experts scientifiques et de collaborateurs partenaires ayant un rôle de conseillers, donne accès aux informations mises à jour sur le web, et collectées sur une période temporelle variable.


Rédaction : Pieretti Isabelle
Relecture experte du domaine : Martinetti Davide (unité BioSP, INRAE)
Relecture (par ordre alphabétique) : Aldebert Korgan, David Guillaume, Duperier Sandy, Quillévéré Anne (membres du comité éditorial).
Carte (Figure 2) : Aldebert Korgan



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1. L’essentiel à savoir


Originaire d’Asie, Popillia japonica, que l’on nomme communément le « scarabée japonais » est aujourd’hui présent dans plusieurs régions d’Europe. Il constitue une menace importante pour de nombreuses cultures en raison de sa forte polyphagie et de son fort potentiel d’expansion. Il s’agit d’un organisme de quarantaine prioritaire à l’échelle de l’Union européenne (Règlement (UE) 2016/ 2031). En Europe, l’OEPP précise que l’insecte est établi de manière restreinte dans certains pays (Italie, Açores au Portugal, Suisse) et qu’il est présent dans d’autres pays de manière transitoire (Slovénie, Espagne, France), à travers quelques occurrences (Allemagne) ou via des interceptions (Belgique, Autriche, et possiblement Croatie, pays pour lequel le statut OEPP n’est pas encore connu). En France, les dispositifs de surveillance visent à détecter précocement toute introduction de P. japonica afin de déclencher des mesures d’éradication précoces. Notamment dans les zones frontalières et au niveau des infrastructures de transport.

2. Pourquoi ce ravageur est-il préoccupant ?


Popillia japonica s’attaque à une large variété de plantes cultivées et sauvages, comptant plus de 400 espèces hôtes (dont au moins 138 hôtes préférentiels) (Tayeh et al., 2023). Le ravageur cible notamment les vignes, les arbres fruitiers et les forêts, mais aussi des espaces non agricoles comme les jardins publics et les gazons sportifs. Les scarabées japonais adultes se nourrissent préférentiellement des feuilles, en grignotant entre les nervures, ce qui leur donne un aspect dentelé et peut entraîner une défoliation complète de l’hôte. Ils peuvent également consommer des fruits, ainsi que des fleurs. Les larves, quant à elles, se nourrissent des radicelles, provoquant une réduction du volume des racines, un stress hydrique et une perte de vitalité des plantes hôtes. Ce phénomène est particulièrement visible sur les graminées des gazons, les prairies et les plantes légumières, entraînant jaunissement et flétrissement des plantes (SORE ; ANSES). Par conséquent, lors d’infestations importantes, comme celles observées dans certaines régions suisses ou italiennes, les dégâts peuvent entraîner la mort des plantes et/ou une perte totale de la valeur commerciale des récoltes ou encore impacter l’environnement. Les dommages économiques résultent des pertes de rendement et de qualité des productions agricoles et des coûts de remplacement ou de remise en état. Ils résultent également des dépenses liées aux mesures de lutte mises en œuvre par les agriculteurs, les particuliers et les services phytosanitaires. Ces impacts concernent également certains secteurs non agricoles, tels que les terrains de golf ou les espaces verts, qui peuvent subir des coûts importants de gestion et de réhabilitation.

Dans les zones d’établissement potentiel de P. japonica au sein de l’UE, les pertes de rendement estimées dans le rapport de l’EFSA (rapport EFSA 2025 visant à appuyer le classement des organismes nuisibles prioritaires candidats de l’UE) varient selon les cultures. Pour la vigne, la perte moyenne a été estimée à 6,5% (intervalle de confiance IC95% : 1-21%). Dans les fruits rouges, les pertes sont plus importantes, elles pourraient atteindre en moyenne 18,7% (IC95% : 2-57,7%). Pour les fruits à noyau, la perte moyenne a été estimée à 3,2% (IC95% : 0,7-8,9%). Dans le maïs, l’impact serait plus limité, avec une perte moyenne de 1%, (IC95% : 0,1-3,9%). Enfin, pour les gazons des terrains de sport, terrains de golf et pelouses, la perte de rendement moyenne a été estimée à 2,2% (IC 95% : 0,2-8,3%). L’analyse de l’impact environnemental met également en évidence plusieurs effets potentiels dans le rapport. L’impact moyen sur les services écosystémiques a été estimé à 0,19%. Une réduction moyenne de la biodiversité au niveau des communautés d’espèces pourrait atteindre 3,5%. Par ailleurs, 19,9% des zones situées dans les sites Natura 2000 pourraient être menacées. Enfin, l’impact sur l’état de conservation des espèces a été estimé à 9,6%. Une étude scientifique conduite à l’échelle européenne a estimé que dans le futur (scénario climatique RCP 8,5, période 2040-2069), en l’absence de mesures de gestion, les dommages liés à P. japonica coûteraient annuellement entre 30 millions et 7,8 milliards d’euros selon le niveau d’infestation et les cultures touchées. Pour la France, les pertes économiques pour la viticulture atteindraient 92 millions d’euros par an (Straubinger et al., 2022). Cela souligne l’importance d’investir dans les mesures de biosécurité et de gestion pour éviter l’introduction et l’établissement du scarabée japonais.

3. Éléments clés sur la biologie et l’identification de l’espèce


Appartenant à la famille des Scarabaeidae (sous-famille Rutelinae), P. japonica a été décrit pour la première fois par Edward Newman en 1841 (ou 1838 selon les références). Le genre Popillia comprend plus de 300 espèces principalement originaires d’Asie et d’Afrique, mais P. japonica est actuellement le seul représentant établi en Europe centrale.

Morphologie et stades biologiques
Les adultes mesurent 8 à 12 mm, présentent une tête et un pronotum vert métallique, des élytres brun cuivré et se caractérisent par cinq touffes de poils blancs de chaque côté de l’abdomen et deux touffes supplémentaires sur le dernier segment abdominal, un critère distinctif majeur. Les femelles pondent leurs œufs dans le sol. Les larves passent par trois stades de développement jusqu’à l’automne avant d’entrer en diapause hivernale. Les larves, appelées vers blancs, sont blanchâtres et incurvées en forme de « C », elles peuvent être identifiées par la disposition caractéristique des soies en forme de « V » sur le dernier segment abdominal, ce qui permet de les distinguer des autres scarabéidés (comme le hanneton des jardins ou le hanneton horticole en France). Le stade prénymphal correspondant à une larve mature qui cesse de s’alimenter et dont l’intestin se vide, ce qui rend l’extrémité de l’abdomen entièrement blanche. Il est suivi du stade nymphal, durant lequel l’insecte, d’environ 14 mm de long, présente déjà la morphologie de l’adulte, bien que les ailes, les pattes et les antennes soient encore repliées et non fonctionnelles. La coloration évolue progressivement du blanchâtre au vert métallique, et une excroissance trilobée visible chez les mâles permet de distinguer les sexes dès ce stade (Agroscope Transfer 2025 ; SORE).

Cycle de vie
Le développement et la dynamique des populations de P. japonica sont fortement dépendants de la température, qui influence sa survie, sa reproduction et sa phénologie. L’espèce produit généralement une génération par an (on parle d’espèce univoltine), bien que le cycle puisse s’étendre sur deux ans dans les régions plus froides. Les femelles peuvent s’accoupler plusieurs fois, elles pondent 40 à 60 œufs dans le sol durant l’été, souvent dans des prairies humides, à une profondeur de 10 cm environ. L’humidité du sol est un facteur important, un sol trop sec ne garantit pas la survie des larves, c’est la raison pour laquelle les femelles vont toujours chercher une zone humide et ombragée pour la ponte. Les larves éclosent deux semaines plus tard et se nourrissent des racines avant de muer puis d’hiverner dans le sol à une profondeur d’environ 15 à 30 cm. Au printemps, lorsque la température du sol dépasse 10°C, les larves remontent vers la surface pour se nourrir des racines avant de se nymphoser au printemps. Les adultes émergent entre mai et septembre (pic en juillet) et vivent environ 4 à 6 semaines. Peu après l’éclosion, les scarabées japonais commencent à se nourrir des feuilles, des pousses et des fruits et ne tardent pas à se reproduire. Ils se montrent surtout actifs lorsque les températures se situent entre 20 et 35°C, que le vent est faible et l’humidité de l’air supérieure à 60% (SORE ; ANSES ; Figure 1).

Figure 1 : Cycle de vie du scarabée japonais (© Magdalena Wey, Agroscope Transfer 2025).

4. Risque d’introduction et de dispersion


Naturellement, le scarabée japonais vole rarement au-delà d’1 km, même si une étude a démontré qu’il pouvait parcourir jusqu’à 12 km en une journée en Italie (Lessio et al., 2022). La propagation annuelle de l’espèce à partir du lieu d’introduction varie selon les zones géographiques et l’adéquation du milieu : 3 à 24 km par an aux États-Unis, environ 2 km par an aux Açores (Portugal), et 4,5 à 13,8 km par an en Italie (Agroscope Transfer 2025).

La dissémination du scarabée japonais par les activités humaines est bien plus rapide. Les modes de transport (véhicules, avions et bateaux) et les marchandises peuvent transporter des insectes adultes « clandestins » ou « auto-stoppeurs ». Les premières détections ont généralement lieu à proximité d’aéroports, de gares, de ports ou d’aires d’autoroutes. Les œufs et larves, quant à eux, se propagent uniquement via le transport de terre végétale, le commerce de gazon en rouleau ou des végétaux avec substrat destinés à la plantation (Agroscope Transfer 2025 ; SORE). Une étude a évalué le risque d’introduction de P. japonica en Europe via trois modes de transport (aérien, ferroviaire, routier) depuis la zone infestée (fin 2022), en combinant les données de connectivité par une méthode de classement. Dans cette étude, le transport aérien apparaît comme le principal vecteur de dispersion à longue distance, tandis que le ferroviaire et le routier génèrent un risque plus localisé aux pays limitrophes. L’indice composite de risque a mis en évidence de nombreuses régions à fort risque en Italie, en Allemagne, en Suisse et en France, ainsi que quelques grandes métropoles européennes dispersées à risque très élevé du fait de leur connectivité aérienne (Borner et al., 2024 ; BM N°55). En France, les zones les plus exposées au risque d’introduction secondaire sont les régions frontalières de la zone infestée ainsi que les départements disposant d’un aéroport international ou d’importants nœuds routiers (comme Paris, Toulouse, Lyon, Marseille, Bordeaux ou Nantes), pour lesquels le niveau d’accessibilité est estimé de modéré à élevé.

5. Expansion mondiale et établissement en Europe


Originaire du Japon, P. japonica a été détecté pour la première fois hors de son aire d’origine en 1916 dans l’État du New Jersey, dans une pépinière de Riverton aux États-Unis, où il s’est progressivement établi dans un très grand nombre d’États (voir Plan d’harmonisation aux États-Unis, 2024), ainsi qu’au Canada depuis 1939, principalement sur la côte est, en Colombie-Britannique (voir les zones réglementées, 2025).

En Europe, en dépit des mesures d’éradication, l’espèce a pu s’établir dans l’archipel des Açores (île de Terceira) depuis les années 1970, avant de s’étendre progressivement à huit des neuf îles de l’archipel, notamment São Miguel (2003) et São Jorge (2007). En Europe continentale, le premier signalement remonte à 2014 en Italie avec la découverte du ravageur dans le parc régional du Val Tessin qui sépare les deux régions limitrophes italiennes, Piemont et Lombardie, à proximité des aéroports de Milan-Malpensa et Cameri (OEPP Italie). La population italienne a fini par atteindre quatre régions (Lombardie, Piémont, Val d’Aoste et Émilie-Romagne) avant de rejoindre trois ans plus tard la Suisse (canton du Tessin) et de se propager à d’autres cantons (Valais, Zurich, Bâle, Schwyz) (OEPP Suisse 2017-23). En 2024, des individus isolés ont été capturés dans les cantons d’Argovie, de Lucerne, des Grisons, de Schaffhouse, du Tessin, d’Uri, du Valais, de Soleure et de Zurich, en dehors des zones délimitées (OEPP Suisse 2025). Entre 2014 et 2024, la dynamique de l’invasion biologique est telle que l’aire de répartition s’étend rapidement du sud de la Suisse au nord de Gênes. À l’ouest, le front de colonisation était situé en limite du territoire français, sur une ligne partant de la Haute-Savoie jusqu’au Briançonnais, longeant le Parc national de la Vanoise et le Parc naturel régional du Queyras. Trois foyers de détection isolés ont été cartographiés en 2023 au nord des Alpes près de Zurich et dans la région du Frioul-Vénétie en Italie. En France, la première détection du scarabée japonais a été enregistrée début juillet 2025, avec la capture de deux adultes (auto-stoppeurs) dans des pièges installés dans le Haut-Rhin, à Mulhouse et à Saint-Hippolyte (EFSA 2025 ; Agroscope Transfer 2025 ; IPM Popillia ; Communiqué de presse DRAAF Grand-Est).

Le rapport de l’EFSA (EFSA 2025) mentionne que l’aire potentielle d’établissement de P. japonica concernerait toutes les régions de l’UE où le cumul des degrés-jours est supérieur à 711, avec un seuil minimal de développement de 10°C. Les estimations basées sur les hypothèses considérées pour l’analyse indiquent par ailleurs que le délai entre le transfert du ravageur vers un hôte approprié et le début de la propagation de sa population (période de latence) serait en moyenne de 7 ans (IC 95% : 5-13 ans). La distance parcourue en un an par le front d’expansion d’une population de P. japonica serait en moyenne de 7 km (IC 95% : 1-17 km).

Des cartes de risque d’établissement du scarabée japonais ont été établies afin d’améliorer les stratégies de surveillance, de confinement et d’éradication, notamment en Europe continentale où une invasion récente est en cours (Borner et al., 2023 ; BM N°47). Les résultats ont montré que les variables climatiques (e.g. températures moyennes de l’air et du sol, précipitations, évapotranspiration, ruissellement), celles liées aux activités anthropiques (e.g. densité de la population humaine, temps de trajet vers les villes les plus proches et densité des routes) et à l’utilisation des terres (e.g. zones forestières et urbaines) contribuaient le plus aux prédictions du modèle. Sur la base des variables climatiques considérées dans l’étude, les sites avec les plus fortes variations annuelles et les plus faibles variations journalières étaient particulièrement favorables à la distribution du scarabée. Concernant l’Europe continentale, les zones de qualité environnementale prédites comme étant les moins propices à P. japonica se trouvent le long du littoral de la mer Méditerranée (péninsule ibérique, sud de l’Italie, Grèce, Anatolie), dans la partie nord du continent (îles britanniques, Scandinavie, côtes de la mer baltique) et en Europe de l’Est. Les zones prédites à risque modéré concernent le sud-ouest de la France (à proximité des Pyrénées), la Bretagne et les côtes belges et néerlandaises. Alors que les zones présentant un risque élevé concernent les contreforts des Alpes (nord au sud), le nord des Balkans, et les rives orientales de la mer Noire.

6. Origine et processus d’invasion de P. japonica en Europe


L’insecte P. japonica, originaire du Japon, est aujourd’hui un organisme nuisible largement invasif en Amérique du Nord et en Europe. Une récente analyse de 85 séquences de génomes mitochondriaux complets (21 provenant du Japon, 22 des États-Unis et du Canada, 20 des Açores et 22 d’Italie et du Tessin) montre que les populations invasives proviennent du centre/nord du Japon (îles de Honshu et d’Hokkaido) et résultent de multiples introductions, avec deux invasions distinctes en Europe suivies d’une faible différenciation locale (Nardi et al., 2024). Les résultats de l’étude suggèrent que l’introduction et l’expansion dans le nord-est des États-Unis aient impliqué plusieurs lignées, mais qu’une seule d’entre elles ait ensuite connu une expansion majeure, étant à l’origine de toutes les introductions récentes aux États-Unis ainsi qu’en Europe. Par ailleurs, les individus suisses et italiens forment une population unique. En complément, une autre étude basée sur des données de séquences génomiques de 63 individus collectés sur l’ensemble de l’aire de répartition de l’insecte, a permis de montrer que les populations invasives, notamment aux Açores et en Italie, provenaient d’introductions indépendantes depuis les États-Unis, et que le succès de l’espèce reposait principalement sur une diversité génétique préexistante (traits pré-adaptatifs) plutôt que sur une adaptation récente (Funari et al., 2025 ; BM N°70). Concernant plus précisément la Suisse, une analyse génomique et phylogénétique basée sur 42 individus issus de zones infestées suisses et des échantillons internationaux, a permis d’identifier plusieurs schémas de migration distincts. Les populations de Bâle, du Valais et de Suisse centrale proviendraient probablement du Tessin et du nord de l’Italie via les transports terrestres (route et rail). En revanche, la population proche de l’aéroport de Zurich résulterait d’une introduction indépendante depuis l’Amérique du Nord, probablement via le transport aérien (Pedrazzini et al., 2026).

7. Situation sanitaire en Europe en 2025

Figure 2 : Carte de l’évolution sanitaire concernant P. japonica en Europe depuis 10 ans (2015-2025). Pour la période 2015–2024, les données sont issues de la base IPM Popillia, disponible en open data sur la plateforme data.gouv.fr. Pour l’année 2025, elles ont été compilées à partir des documents officiels des organismes nationaux de protection des végétaux (cités dans ce bulletin), de la base de données de l’OEPP et des résultats de la VSI de la Plateforme ESV. L’hétérogénéité de ces sources peut expliquer certaines discontinuités entre 2024 et 2025 : des zones délimitées en tampon peuvent ne plus apparaître, non pas en raison d’une régression de l’organisme, mais du fait de différences dans les protocoles de collecte d’information et de cartographie.

En complément de la carte (Figure 2), voici une decription détaillée de l’évolution de l’état sanitaire par pays :

Italie
Le nombre de captures de scarabées japonais a encore augmenté dans la région de la Lombardie comme en témoigne la carte des captures dans la région pour la période du 21 mai au 24 septembre 2025 (voir aussi la carte interactive GEOPORTALE ; Lombardie).

Le constat a été le même pour la région du Piémont, avec de nombreuses captures réalisées entre mai et septembre 2025, avec de nouvelles communes infestées et conduisant à l’actualisation de la zone délimitée pour la présence de P. japonica dans la région. La zone tampon ainsi actualisée couvre également des communes des régions italiennes Émilie-Romagne et Ligurie, mais également situées en Suisse et en France (Abriès-Ristolas, Bonneval-sur-Arc, Molines-en-Queyras) (Piémont 2025a, Piémont 2025b, Ligurie, Émilie-Romagne).

Par ailleurs, la présence de trois foyers a été confirmée dans les provinces de Trévise et de Vérone (à Villafranca, Sommacampagna et Brendino Belluno) situées dans la région de Vénétie, et non loin de la région autonome du Frioul-Vénétie Julienne qui abrite déjà une zone délimitée (dont la carte est disponible ici) (Vénétie). En ce début d’année 2026, des mesures phytosanitaires d’urgence ont été adoptées pour lutter contre P. japonica en Ligurie et en Vénétie (Ordonnance n° 12, 30-01-2026).

Dans la province du Trentin de la région du Trentin-Haut-Adige, entre fin juin et fin juillet 2025, cinq individus ont été capturés sur l’aire de service de Nogaredo Est et quatre autres au péage de Paganella Est sur l’autoroute A22. Il s’agirait de découvertes isolées par les acteurs en charge de la surveillance du territoire (Trentin). Récemment (4 juin 2026), la province autonome de Trente à partagé sur son site web une fiche d’information mentionnant la mise en place d’une zone délimitée pour P. japonica après la découverte courant 2025 d’un foyer sur la commune de Brentino Belluno située à la frontière avec la province autonome de Trente (Trente) (cette zone délimitée communiquée en 2026 ne figure pas sur la Figure 2).

Ailleurs, dans la région du Tyrol italien, les premières captures ont été rapportées courant juillet (à Appiano et à Gargazzone). Il s’agirait également de captures isolées (Tyrol).

Suisse
Au cours de l’été 2025, six nouveaux foyers de P. japonica ont officiellement été rapportés dans les cantons de Genève, Vaud (3 foyers), Soleure et Lucerne. Fin 2025, le ravageur est officiellement déclaré en cours d’éradication (foyer d’infestation et/ou zone tampon), ou d’enrayement (zones infestée et/ou tampon), lorsque l’éradication n’est plus possible (OFAG 06-05-26). Une carte localise ces différentes zones (Agroscope carte). Un plan d’urgence (mai 2025) élaboré par le Service phytosanitaire fédéral précise les mesures de surveillance et de lutte à mettre en place. Il précise aussi les mesures d’enrayement du ravageur visant à réduire le risque de propagation (naturelle ou humaine) afin de protéger les régions suisses et les pays voisins exempts du ravageur.

Les cantons concernés par des zones délimitées en stratégie d’éradication sont les suivants : Argovie (zone tampon), Bâle-Campagne (foyer d’infestation et zone tampon), Bâle-Ville (foyer d’infestation et zone tampon), Berne (zone tampon), Genève (foyer d’infestation et zone tampon), Lucerne (foyer d’infestation et zone tampon), Schwyz (foyer d’infestation et zone tampon), Soleure (foyer d’infestation et zone tampon), Vaud (foyer d’infestation et zone tampon), Valais (en partie) (foyer d’infestation et zone tampon), Zurich (foyer d’infestation et zone tampon).

Les cantons concernés par des zones délimitées en stratégie d’enrayement sont les suivants : Grisons (zone tampon), Tessin (zone infestée et zone tampon), Valais (en partie) (zone infestée et zone tampon). Un décret général daté du 27 aout 2025 précise les mesures à mettre en œuvre dans ces zones en enrayement. La carte de la zone délimitée pour le Tessin a été actualisée en avril 2026 (voir la carte). Celle pour toute la Suisse a également été mise à jour en mai 2026 (voir ici). La dernière décision de portée générale visant à prévenir la propagation du ravageur dans les cantons du Tessin, du Valais et des Grisons a également été publiée en avril 2026. Ce document officiel liste notamment l’ensemble des communes concernées (zones infestées et zones tampons) dans ces trois cantons (liste des communes et la carte).

En 2025, les dynamiques de population établies antérieurement sont contrastées. En zone d’éradication (foyers d’infestation) elles affichent une stabilisation ou une réduction des captures de scarabées japonais, hormis pour la population du Valais de 2024 en augmentation. En zone d’enrayement (zones infestées), il y a eu moins de captures du ravageur dans le Valais mais davantage dans le Tessin, avec l’observation des premiers dégâts économiques, principalement sur le vignoble. Et dans les Grisons, les premières captures ont été enregistrées à la frontière tessinoise, suggérant une progression du front d’infestation (OFAG 21-11-25). Les facteurs expliquant ces dynamiques de populations différentielles demeurent indéterminés à ce jour.

Allemagne
En 2025 quatre régions (« Lands » ou « Länder ») sont concernées par des captures de scarabées japonais :

Le Bade-Wuttemberg est la région aujourd’hui la plus touchée, avec deux zones délimitées distinctes. La première, dans le district de Lörrach, est liée à la propagation d’un foyer bâlois (Suisse) et a vu deux captures isolées en juillet 2025, probablement par transport passif. La seconde, dans le district de Fribourg-en-Brisgau, fait l’objet de mesures d’éradication après plusieurs captures entre juin et août 2025, dont un individu femelle capturé dans un jardin privé. Un Plan d’action visant à empêcher l’installation et la propagation du ravageur a été déployé à la fin de l’été 2025.

La Bavière, près de Lindau, six nouvelles captures (individus mâles) ont été enregistrées en juillet 2025, dans le même piège à phéromone que celui qui avait permis la première capture en 2024, situé à proximité d’une autoroute connectée à des foyers connus en Suisse et en Italie. Aucune population établie n’a été confirmée à ce stade.

Le Brandebourg a signalé une première capture (mâle) en juillet 2025 dans une pépinière ; il s’agit probablement d’une introduction isolée. Actuellement, aucune population établie n’a été rapportée, une surveillance renforcée est en cours.

La Hesse (commune de Trebur) a rapporté une découverte par un particulier en juillet 2025, suivie de quatre captures supplémentaires fin août. Une zone délimitée (zone d’infestation et zone tampon) a été établie, et un Arrêté général ainsi qu’un Plan d’action spécifiques pour la région ont été publiés. À proximité, la région Rhénanie-Palatinat a établi une zone tampon avec des mesures spécifiques qui s’appliqueront pour une durée minimale de trois ans. Bien qu’aucun scarabée japonais n’ait encore été capturé en Rhénanie-Palatinat, une Décision de portée générale (25 août 2025) et un Plan d’action spécifiques ont été émis en cas d’incursion du ravageur pour empêcher sa propagation sur ce territoire.

En résumé, les détections se multiplient et s’étendent géographiquement, mais aucune population établie n’est confirmée hors du Bade-Wurtemberg. Les vecteurs d’introduction identifiés sont principalement le transport routier/ferroviaire et la proximité des frontières avec la Suisse et l’Autriche.

Autriche
En 2025, fin juillet, la première capture de scarabée japonais dans le pays a été rapportée dans la région de Vorarlberg (commune de Hörbranz), dans le district de Bregenz. Il s’agit d’une interception proche de foyers déjà recensés à Lindau (Bavière). Mi-septembre, quatre captures supplémentaires ont été signalées à proximité du site du premier signalement et une cinquième dans la région du Tyrol. Pour cette dernière, il s’agit d’une capture au niveau de la commune d’Angath située dans le district de Kufstein, le long de l’autoroute qui relie Vérone à Munich et traverse le Tyrol (Agence autrichienne pour la santé et la sécurité alimentaire, AGES). Bien qu’il ne s’agisse à ce stade que d’interceptions, un Plan d’urgence spécifique pour P. japonica été publié le 19 août 2025.

France
Le scarabée japonais a été détecté pour la première fois dans l’hexagone au cours de l’été 2025, dans la région Grand Est (départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin). Il s’agit de quatre captures par piégeage aux gares de Mulhouse et de Strasbourg, à proximité de l’autoroute franco-suisse A35, à Saint-Hippolyte, dans la zone délimitée française (zone tampon) du foyer de Bâle en Suisse (Zone délimitée du 31 octobre 2025 ; Arrêté préfectoral N°2025/489). Le cinquième cas est une découverte fortuite par un particulier, qui a trouvé un individu mort sur son véhicule. La surveillance renforcée n’ayant révélé aucun individu supplémentaire, ces détections ont été attribuées à des individus isolés transportés passivement par voie humaine (« auto-stoppeurs »). Aucun foyer n’a été identifié sur le territoire mais la surveillance y est renforcée (DRAAF Grand-Est). Par ailleurs, malgré l’absence de capture de scarabées japonais, la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes a émis un arrêté établissant une zone délimitée visant l’éradication de P. japonica après la confirmation courant août 2025 d’un foyer dans le canton de Genève (Suisse), à proximité de la ville française d’Annemasse (département de la Haute-Savoie) (Arrêté préfectoral N° 2025/202).

Croatie
Lors d’une surveillance menée en octobre 2025, dans le cadre d’un projet scientifique, la première détection de P. japonica a officiellement été rapportée en janvier 2026. Il s’agissait d’un scarabée adulte capturé dans un piège à phéromones dans le parc Maksimir à Zagreb. L’origine du ravageur reste inconnue, et une surveillance renforcée est prévue en 2026. Le statut officiel de l’espèce en Croatie n’est pas encore établi (OEPP Croatie).

Belgique
Deux scarabées japonais adultes morts ont été découverts début juillet 2025 dans un entrepôt industriel ayant récemment importé des marchandises (non soumises à la réglementation phytosanitaire) depuis une zone infestée européenne. Cette découverte faisait suite à un signalement via une plateforme publique d’un des deux individus mentionnés en début de paragraphe. La surveillance renforcée mise en place n’a révélé, au 1er août 2025, aucune capture supplémentaire. Le statut officiel de l’espèce en Belgique reste qu’il est absent, confirmé par enquête (OEPP Belgique).

Slovénie
Début juillet 2025 de nouvelles captures de P. japonica ont été enregistrées, grâce à des pièges situés au niveau de trois stations-service, à Lukovica, Ljubljana et Novo Mesto. Aucun dégât sur les plantes hôtes n’a été observé. Des zones délimitées ont été établies à Lukovica et Ljubljana, et des mesures d’éradication sont en cours (DRIAAF Ile de France; OEPP Slovénie).

Espagne
Une interception a été mentionnée pour la première fois en Espagne en 2025. Un particulier résident à Oleiros (La Corogne, Galice), de retour de voyage à Milan, a trouvé un scarabée japonais (femelle) dans sa valise. Des inspections approfondies sont en cours, les pièges seront contrôlés pendant la période de vol de l’insecte, sur un cycle de vie complet et pendant une année supplémentaire (OEPP Espagne).

Portugal (archipel des Açores)
P. japonica a été accidentellement introduit sur l’île de Terceira au début des années 1970. Les conditions climatiques locales (températures douces, forte humidité et précipitations abondantes) ont favorisé son établissement et sa propagation rapide, en particulier dans les pâturages. Malgré les premières tentatives de lutte, l’espèce s’est rapidement dispersée sur l’île, le ravageur est actuellement présent sur toutes les îles de l’archipel, à l’exception de l’île de Santa Maria, qui présente des caractéristiques environnementales uniques (climat plus chaud et plus sec) (Mário Brum Teixeira et al., 2024, précisant le décompte des captures sur les îles de São Miguel, Terceira, Graciosa, São Jorge, Pico, Faial, Flores et Corvo entre 2008 et 2023). Le Plan d’urgence actualisé (2021) établit les mesures de protection à appliquer contre l’introduction et la propagation de P. japonica au Portugal continental et dans la région autonome de Madère, et d’assurer une réponse rapide et efficace. Nous n’avons pas trouvé d’informations sur le web (y compris le site de l’OEPP) concernant des captures de scarabées japonais au Portugal en 2025, par conséquent nous ne sommes pas en mesure de dire quelle a été l’évolution épidémiologique du ravageur sur ce territoire l’année dernière.

8. Dispositifs de surveillance en France


P. japonica est classé organisme de quarantaine prioritaire au titre de la réglementation européenne de santé des végétaux (règlement (UE) 2019/2072). Cette classification implique des obligations officielles de surveillance et de lutte pour détecter précocement toute introduction et empêcher la dissémination du ravageur. La surveillance officielle en France repose principalement sur un réseau de piégeage actif, déployé chaque année par les services de l’État (notamment les Directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt – DRAAF) dans les zones à risque d’introduction. Ces pièges, généralement installés de mi-mai à mi-septembre, sont équipés de leurres combinés (phéromones sexuelles : médiateur chimique, et alimentaire : attractifs floraux) pour maximiser la détection des individus adultes dès leur arrivée potentielle depuis les régions voisines où le ravageur est établi (Italie, Suisse, Allemagne) et leur piégeage (DRAAF Grand-Est ; voir les descriptifs du piégeage sur la fiche SORE). Cette surveillance est renforcée au niveau des zones à haute intensité de transports, comme des gares, aéroports, stations de service autoroutières, échangeurs et zones d’intérêt touristique.

La détection en juillet 2025 des premiers individus en France (dans les départements du Haut‑Rhin et du Bas‑Rhin) a illustré l’efficacité de ces dispositifs : des pièges positionnés autour de points d’entrée et de zones frontalières ont permis d’intercepter des scarabées japonais «auto‑stoppeurs» transportés via le trafic humain, déclenchant des surveillances intensifiées à l’échelle locale. Dans ces secteurs, la fréquence du piégeage et les inspections visuelles ont été renforcées, et la vigilance des professionnels comme du grand public a été mobilisée. Parallèlement, une communication active de sensibilisation a complété ces dispositions techniques : diffusion de dépliants, campagnes d’information via les sites des DRAAF, et alertes invitant à signaler toute observation suspecte aux autorités compétentes (DRAAF/SRAL) avec photos et localisation.

Dans le cadre réglementaire, des zones délimitées peuvent être définies autour des foyers ou des zones tampons frontalières (cas de la zone délimitée de Bâle dont la zone tampon couvre une partie du territoire français, avec des mesures complémentaires (restrictions de mouvements de matières végétales ou de sols) pour réduire les risques de propagation et faciliter la mise en place de mesures de lutte (DRAAF Grand-Est).

La réglementation en cours (France/UE) : Règlement (UE) 2016/2031 ; Règlement d’exécution (UE) 2019/2072 qui établit la liste des organismes de quarantaine de l’UE ; Règlement d’exécution (UE) 2023/1584 qui met en place des mesures spécifiques de prévention, d’éradication et de contrôle pour P. japonica dans les zones délimitées au sein de l’UE (établissement de zones tampons, mesures d’éradication, surveillance annuelle obligatoire, etc.) ; Plan national d’intervention sanitaire d’urgence (PNISU) spécifique à P. japonica, élaboré par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) pour structurer l’action dès qu’une suspicion ou détection officielle se produit ; arrêté préfectoral Grand-Est définissant le périmètre et les mesures de surveillance/restrictions de mouvements.

9. Méthodes de lutte


A ce jour en France, du fait d’interceptions isolées et d’absence de foyer de P. japonica, le meilleur moyen de lutte reste la surveillance, la communication et la sensibilisation pour permettre une détection précoce et éviter l’établissement et la dispersion du ravageur sur le territoire national. Dans les pays où l’invasion de scarabée japonais est majeure, diverses mesures sont prévues dans le cadre de la lutte obligatoire contre P. japonica (voir toutes les mesures citées dans Agroscope Transfer 2025), parmi lesquelles celles-ci :

– Des mesures préventives visant à prévenir la propagation du ravageur, notamment en évitant l’arrosage ou en utilisant des protection anti-insectes, afin de réduire ou d’empêcher le développement des larves et l’éclosion des adultes de P. japonica par exemple.

– Des mesures de lutte basées sur le travail du sol visant à tenir à distance les adultes et à éliminer les larves de P. japonica, notamment en utilisant des répulsifs comme le kaolin, en ramassant les vers blancs ou en les tuant par fraisage mécanique.

– Des mesures de lutte basées sur la gestion de l’habitat, notamment des plantes hôtes selon leur niveau d’attractivité, afin de réduire la ponte et l’infestation par les larves de P. japonica.

– Des mesures de lutte biologiques avec le recours d’organismes antagonistes naturels de P. japonica, parmi lesquels des bactéries (e.g. Paenibacillus popilliae, Paenibacillus lentimorbus, Bacillus thuringiensis var. galleriae), des champignons entomopathogènes (e.g. Beauveria et Metarhizium, B. brongniartii que par M. brunneum), des nématodes (e.g. Heterorhabditis et Steinernema) ou encore des parasitoïdes (e.g. Istocheta aldrichi, Tiphia vernalis et T. popilliavora).

– Des mesures visant à attirer et tuer les insectes P. japonica adultes (dispositifs attract-and-kill) utilisant par exemple des pièges à entonnoir appâtés entourés de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (e.g. Paoli et al., 2023, 2024).

Une étude récente (Makovetski et al., 2025) visant à évaluer les effets négatifs de la lutte biologique contre P. japonica sur des espèces non-cibles, et basée sur plus de 21 000 observations participatives (iNaturalist), a montré que le parasitoïde Istocheta aldrichi (introduit il y a un siècle en Amérique du Nord) était très spécifique à sa cible (P. japonica), avec des attaques sur d’autres espèces extrêmement rares (< 0,001% des cas). Une autre étude réalisée en Italie (Küng et al., 2025) a montré que le champignon entomopathogène Beauveria pseudobassiana (4 souches testées) pouvait réduire de manière significative la survie des scarabées japonais adultes (la souche ART 2884 étant la plus virulente), mais pas celle des larves. Sa virulence, sa persistance sur les feuilles et sa détection naturelle sur P. japonica en font un candidat prometteur de lutte biologique ciblée contre ce ravageur. La présence naturelle de B. pseudobassiana a été signalée dans diverses régions climatiques d’Europe, et sa capacité à se développer dans des conditions hors sol a été démontrée. Par conséquent B. pseudobassiana est un agent de lutte biologique potentiellement intéressant à utiliser dans les zones européennes où P. japonica est établi ou en expansion.

10. Conclusion


P. japonica représente une menace majeure pour la France et l’Union européenne en raison de plusieurs facteurs convergents. Tout d’abord, sa dispersion passive facilitée par les activités humaines, notamment via le transport de personnes et de marchandises (commerce de végétaux, de terre ou de matériel), favorise son introduction en dehors des zones déjà infestées, comme l’illustrent les détections récentes à proximité de points de transit frontaliers.

Ensuite, sa très forte polyphagie constitue un facteur aggravant important. Ce ravageur est capable de s’attaquer à plusieurs centaines d’espèces végétales, incluant des cultures d’intérêt économique majeur comme la vigne, le maïs ou les arbres fruitiers, mais également aux espaces verts et aux milieux urbains. Cette large gamme d’hôtes lui confère une grande capacité d’établissement et de prolifération, d’autant plus marquée en l’absence de prédateurs naturels locaux.

Par ailleurs, son établissement et sa dispersion sont favorisés par les conditions environnementales présentes dans de nombreuses régions européennes, notamment en France. Le manque de résistance naturelle des plantes européennes, lié à l’absence de coévolution avec ce ravageur exotique, accentue également le risque.

Enfin, les impacts socio-économiques potentiellement importants associés à P. japonica (pertes agricoles, coûts de gestion phytosanitaire) renforce l’importance d’une surveillance proactive, d’une détection précoce et de la mise en œuvre de mesures de prévention strictes pour limiter l’introduction, l’établissement et la propagation du scarabée japonais. Des campagnes d’information, notamment en France, visent à alerter les professionnels et inviter les citoyens à signaler toute présence, même putative, de P. japonica à la DRAAF (Plantes en Danger).

11. Références

Autres sources par zone géographique :

Autres sources réglementaires:

12. Pour aller plus loin