Surveillance épidémiologique du dépérissement de la vigne
Le groupe SEDV travaille spécifiquement sur la surveillance des facteurs biotiques liés aux dépérissements du vignoble. Les travaux entrepris permettent de renforcer ou de construire des dispositifs de surveillance axés prioritairement sur les maladies du bois, les viroses et la flavescence dorée.
Dépérissement de la vigne
Le Dépérissement de la vigne est provoqué par 3 grands types de maladies : celles à phytoplasme (comme la flavescence dorée), les maladies du bois et les viroses.
- La Flavescence dorée est un phytoplasme transmis par un insecte vecteur de type cicadelle Scaphoideus titanus qui se nourrit de la sève des ceps de vigne. Il s’agit d’un organisme de quarantaine présent en France et dans plusieurs autres pays européens. La détection visuelle des symptômes, qui ne sont pas totalement spécifiques, doit être complétée par des analyses par PCR pour confirmer l’infection.
- Les maladies du bois sont causées par des champignons qui provoquent différents symptômes sur les plants jeunes et anciens tels que des taches, des tigrures, et des dessèchements sur les feuilles et les fruits.
- Les viroses concernent notamment deux maladies ; le court-noué et l’enroulement causés par plusieurs virus. La maladie du court-noué est causée par 3 virus et se transmet par des vecteurs qui sont des nématodes (vers microscopiques). La maladie de L’enroulement est causée par 5 virus et se transmet par des insectes vecteurs : les cochenilles.
Ces 3 grands types de maladies contribuent au dépérissement des vignobles contaminés.
Les conséquences socio-économiques et environnementales sont considérables face aux pertes de rendement significatives pour la viticulture française. (perte annuelle estimée à 4,6 hL/ha en 2015). A ce jour, les maladies du Dépérissement du vignoble sont présentes sur le territoire Français et l’amélioration des méthodes de lutte est intégrée dans un plan national.
Infos ressources et partenaires : CoACT2, CLIMESCA, Plan National, e-phytia, Code EPPO (FOMPME, PHMOCH, TOGNMI, PHELPU, STERHI, BOTSST, EUTYLA, PHYP64, GFLV00, ARMV00, TBRV00, GLRAV1, GLRAV2, GLRAV3, GLRAV4, GLRAV7) FranceAgriMer, IFV, Vitinnov, Institut français de la vigne et du vin, Bilan sanitaire flavescence dorée 2019
Programme de travail
Ce GT concerne la surveillance des dépérissements de la vigne liées à des causes biotiques. Les facteurs abiotiques (climat, sol) ou anthropiques (pratiques agricoles) pourront néanmoins être pris en considération.
La problématique des dépérissements au vignoble constitue un axe prioritaire de la filière qui s’est engagée dans un Plan National Dépérissement du vignoble depuis 2016 : https://www.plan-deperissement-vigne.fr/
Le mandat du GT comporte 3 axes :
- L’amélioration, l’harmonisation et la valorisation des dispositifs de surveillance
La qualité des données doit permettre de mieux caractériser la situation sanitaire et évaluer les méthodes de prévention et de lutte.
Les dispositifs à prendre en compte sont :
• Les dispositifs de surveillance historiques mise en place dans le cadre des maladies du bois ;
• Les dispositifs de surveillance officiels (ex.Flavescence dorée) ;
• Les dispositifs adossés à des travaux de recherche ;
• Les dispositifs mis en place dans le cadre de l’observatoire de la santé du vignoble.
Dans ce contexte, le GT pourra être un appui au Plan national dépérissements du vignoble dans le cadre de l’amélioration des observatoires.
Il permettra, grâce à l’appui de l’équipe opérationnelle de la Plateforme d’Epidémiosurveillance en Santé Végétale, de mieux caractériser les risques liés aux différents agents pathogènes et identifier de nouveaux besoins de recherche.
- L’établissement de cartes de risques
Les cartes de risque sont des outils permettant de mieux orienter la surveillance et d’adapter les mesures de gestion.
Elles pourront concerner dans un premier temps la flavescence dorée, en se basant sur des travaux de recherche. La progression de la maladie en France interroge sur les besoins pour anticiper les nouveaux foyers, orienter la surveillance dans les zones infestées et les zones tampons afin de diminuer la prévalence et l’extension de la maladie. L’orientation actuelle de la gestion de la maladie vers une stratégie d’enrayement sera prise en compte pour aider les professionnels à mettre en place des réseaux de surveillance.
- La diffusion de l’information vers les acteurs de terrain
L’objectif est de faire connaître les risques émergents par des fiches d’alerte avec un focus vigne
• Se baser sur les fiches de diagnostic SORE, protocoles SORE, autres ;
• Diffuser des informations simples ;
• Envisager dans la fiche les modalités de circulation des signalements.
| Dispositif(s) concerné(s) | Animation | Participants |
|---|---|---|
| Surveillance des maladies de dépérissements du vignoble dans le cadre du périmètre défini dans le Plan National Dépérissement du Vignoble : • Maladies cryptogamiques non réglementées affectant le bois (dont Esca, Black dead arm, Eutypiose) ; l’ensemble des pathogènes concernés sont non réglementés. • Maladies à phytoplasme réglementées : Flavescence dorée (OQ) et Bois noir (ORNQ) ; • Maladies virales réglementées (Court-noué, mosaïque de l’arabette, viroses de l’enroulement (ORNQ) ou émergentes (GPGV). • Organisme nuisible émergents pouvant constituer une menace importante pour la pérennité du vignoble | CNIV, FREDON France, SRAL PACA | Anses, BIVB, Bordeaux Sciences Agro, CAVB, CDA Gironde, CDA France, CIVB, CIVC, DRAAF-SRAL, réseau FREDON France (FREDON Occitanie), GDON des Bordeaux, IFV et INRAE. |
Travaux et avancées
Nos équipes réalisent des travaux sur Grapevine Pinot gris virus (GPGV) en collaboration avec L'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) dans le cadre du projet GPGV du PNDV (Plan National Dépérissement du vignoble). Le virus du Pinot gris a été détecté pour la première fois en 2012 en Italie dans des ceps de Pinot gris et en 2014 en France. Les symptômes se traduisent par des feuilles déformées et des décolorations.
Nos équipes collaborent entre professionnels experts afin de mettre à disposition des équipes de terrain une aide à la reconnaissance des organismes nuisibles impliqués dans le dépérissement du vignoble. Consulter la fiche de reconnaissance SORE sur la Flavescence dorée disponible en téléchargement.
Cartographie
Une cartographie interactive des réseaux de surveillance des bassins viticoles en France a été développée par l'équipe opérationnelle.
La première carte présente la surveillance réalisée sur les dispositifs d'observation spécifiquement dédiés aux maladies du bois (observatoires des maladies du bois) avec l'Esca, le BDA et l'Eutypiose plus spécifiquement. En cliquant sur les vignobles les informations du nombre de parcelles et de ceps suivis ainsi que les vignobles et structures prospectant s'affichent. Les données sont issues des structures qui surveillent ces vignobles.
Elle permet de visualiser, sur la seconde carte, la surveillance réalisée dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire (SBT/Ecophyto) et du Bulletin de Santé du Végétal. Cette surveillance peut prendre en compte certaines maladies spécifiques comme les maladies du bois, l'excoriose, le court noué, l'enrouement ou la nécrose bactérienne.
Maladie du bois
Nos équipes réalisent des travaux sur les maladies du bois de la vigne en collaboration avec de nombreux partenaires scientifiques et techniques dans le cadre du projet CLIMESCA du PNDV porté par INRAE (UMR SAVE).
Depuis 2003, un effort conséquent de notations de l’expression des maladies du bois (esca et eutypiose) est réalisé sur 33 cépages de la plupart des régions viticoles, représenté dans cette application de visualisation.
Si vous souhaitez rejoindre l'observatoire national des maladies du bois, contacter le PNDV à l'adresse suivante: contact@plan-deperissement-vigne.fr. Pour créer un réseau de surveillance des maladies du bois et intégrer l'observatoire national voici un protocole pour sa mise en place (Fiche protocole) et un protocole commun de notation (Fiche protocole). Le template commun pour le recueil puis envoi des données est également téléchargeable via ce lien ici (Template_notationESA_observatoire_national.xlsx).
Actualités dépérissement de la vigne
- Vidéo sur la gestion du risque concernant la Flavescence Dorée en Alsace.
- La flavescence dorée est officiellement déclarée présente dans une dizaine de districts slovaques placés en quarantaine : Nové Zámky, Nitra, Levice, Zlaté Moravce, Pezinok, Komárno, Galanta, Veľký Krtíš, Hlohovec et Sobrance. Un plan d’action avec des mesures obligatoires a été présenté par le ministère de l’agriculture et vient d’entrer en vigueur pour une durée indéterminée.
- Le projet LutEnVi (2019-2024) a développé une approche collective pour gérer l’enroulement viral de la vigne dans quatre régions viticoles françaises. Il a permis de mieux comprendre l’épidémiologie de la maladie, le rôle des cochenilles vectrices, et les limites des technologies de détection par drone et IA. Le projet a favorisé la formation des vignerons, l’utilisation de jeux sérieux pédagogiques, et l’élaboration de stratégies d’arrachage concertées, tout en explorant des alternatives aux insecticides. Les méthodologies et outils développés pourront être appliqués à d’autres maladies virales, et le projet ANOVI poursuit ces recherches depuis mars 2025.
- Voici le rapport de l’EFSA sur la flavescence dorée de la vigne visant à appuyer le classement des organismes nuisibles prioritaires candidats de l’UE. L’évaluation porte sur la vigne (raisin de cuve et de table). Le phytoplasme peut se développer partout où la vigne est cultivée dans l’UE, son vecteur Scaphoideus titanus également. Le délai moyen avant propagation est estimé à 44 mois. Le taux d’expansion est de 58 m/an. Les pertes de rendement sont estimées à 4,2 %, incluant les pertes de qualité. Un impact environnemental modéré est attendu via l’augmentation de l’usage de produits phytosanitaires.
- Le Service Régional de l’Alimentation (SRAL) de la DRAAF PACA a lancé la campagne 2025 de lutte contre la flavescence dorée, selon l’arrêté préfectoral du 10 juin 2025. Ce dernier définit les communes incluses dans les Zones Délimitées et détaille les mesures obligatoires pour limiter la propagation de la maladie, notamment les prospections, traitements insecticides contre la cicadelle vectrice, et l’arrachage des ceps contaminés.
Veille ciblée dépérissement de la vigne
- Au 7 octobre 2026, les prospections et analyses menées dans le cadre de la campagne de surveillance de la flavescence dorée de la vigne sont terminées en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Selon les analyses officielles, 231 parcelles réparties sur 47 communes sont confirmées contaminées, dont 149 dans le Vaucluse, 67 dans les Bouches-du-Rhône et 15 dans le Var. Les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes ne comptent aucun résultat positif. Plusieurs nouvelles communes sont touchées, comme Fuveau, Brue-Auriac et Carcès. Au total, 35 % des 657 résultats transmis par les laboratoires sont positifs.
- Originaire d’Amérique du Nord et centrale, la cicadelle Jikradia olitoria transmet, dans son aire d’origine, certaines jaunisses de la vigne et est considérée comme un vecteur potentiel de la flavescence dorée. Une étude du centre de recherche agronomique suisse Agroscope et de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) confirme son établissement au Tessin (Suisse). Des piégeages menés en 2023 et 2024 sur sept sites ont permis de détecter l’insecte dans les vignobles et en lisière de forêt. Le site de Giornico, proche de l’autoroute, concentrait à lui seul environ 80 % des captures et pourrait être le point d’introduction, probablement par le transport de marchandises. Une expérience d’éclosion a montré que l’insecte peut pondre dans le bois de vigne et y accomplir tout son cycle de développement. Aucun insecte analysé n’était infecté par le phytoplasme de la flavescence dorée, mais les chercheurs appellent à maintenir une surveillance étroite.
- Le ministère de l’Agriculture met en consultation, du 8 au 30 octobre 2026, un projet d’arrêté visant à abroger et remplacer l’arrêté du 27 avril 2021 sur la lutte contre la flavescence dorée de la vigne (phytoplasme classé organisme de quarantaine de l’UE) et contre son vecteur. Il s’agit d’aligner la réglementation française sur le droit européen, notamment sur le règlement d’exécution (UE) 2022/1630, modifié en février 2025 pour faire passer une partie du vignoble de Nouvelle-Aquitaine en stratégie d’enrayement, l’éradication y étant jugée inatteignable. Il répond aussi à une décision du Conseil d’État (28 juin 2023) imposant de mettre en conformité les exigences de mise en circulation du matériel de multiplication. Le texte prévoit l’introduction des mesures d’enrayement, la reconnaissance de zones exemptes d’après la surveillance, des seuils d’arrachage et des calendriers de traitement adaptés aux contextes locaux, et une clarification des responsabilités entre acteurs de la surveillance et de la lutte.
- Le Service régional de l’alimentation de la DRAAF PACA a communiqué en date du 14 septembre 2026 un premier état des contaminations par la flavescence doré détectées au cours de la campagne 2026. Au total, 68 parcelles infectées ont été recensées sur 25 communes des départements des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.
- En Moldavie, l'Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSA) a confirmé par analyses de laboratoire la présence de la flavescence dorée, phytoplasme responsable du jaunissement doré de la vigne, dans plusieurs plantations viticoles du pays. Des foyers ont été identifiés à la fois dans des vignes mères destinées à la production de matériel de plantation et dans des vignes en production. Cette maladie, susceptible d'entraîner des pertes importantes, se transmet par la cicadelle Scaphoideus titanus ainsi que par du matériel de plantation infecté. Pour limiter sa propagation, l'ANSA a délimité les zones touchées, ordonné l'élimination des plants infectés et instauré des restrictions de déplacement du matériel végétal.