Nématode du pin
Le groupe SNP travaille précisément sur le Nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus), un organisme de quarantaine prioritaire dans l’UE qui requiert une attention particulière de par sa transmission vectorielle. Les travaux réalisés sont articulés entre une surveillance des vecteurs et des arbres visant le suivi du premier foyer détecté en 2025 et la détection précoce d'éventuelles introductions nouvelles du Nématode du pin sur le territoire.
Nématode du pin
Le nématode du pin est un ver microscopique transmis par des insectes vecteurs du genre Monochamus qui parasitent les plantes hôtes de la catégorie des conifères et plus spécifiquement les Pins qui sont les plus sensibles (Pin maritime, Pin Sylvestre, Pin Laricio, Pin noir). Le nématode du pin provoque le dépérissement voire la mort de l’arbre qu’il infeste. Le diagnostic s’oriente vers l’infestation de l’arbre par le nématode du pin lorsque l’on observe des traces de ponte de Monochamus associé au dépérissement et jaunissement des aiguilles. Cet organisme nuisible est présent sur le territoire Français depuis fin 2025, dans la forêt landaise.
Ce nématode a pour support les végétaux vivants, les emballages en bois, copeaux et palettes. En cas d’introduction, les dommages environnementaux et économiques pour les filières forestières seraient alors importants.
Actuellement, un plan d'urgence (zone infestée et zone tampon avec des mesures de lutte et de gestion bien définies) est mis en place au niveau du foyer de la forêt des Landes et des stratégies de prévention visent à intensifier la surveillance du nématode du pin dans les zones exemptes pour favoriser une détection précoce. De plus, les exigences et le contrôle du matériel présentant un risque vis-à-vis du nématode (plants d’espèces hôtes, bois, emballages en bois, écorces) sont renforcées dans le cadre des circulations au sein de l’UE et à l’importation. voir plus
Programme de travail
- Assurer la remontée continue de l’information et le suivi de la mise en œuvre du plan de surveillance (notamment, mais pas seulement, statut et résultats des échantillons, signalements, données import et flux intra-communautaires) via un système d’informations ad hoc. Rendre accessible cette information aux parties prenantes, de manière adaptée ;
A l’aide de cet outil de suivi, analyser la cohérence du plan de surveillance effectif vis-à-vis des connaissances scientifiques disponibles,
en particulier la pression de surveillance, l’équilibre entre surveillance vectorielle et surveillance du dépérissement des arbres, l’articulation entre surveillance en et hors forêt, et la prise en compte du risque à travers la définition des « sites sensibles » ;Préparer des outils pour la surveillance post-foyer et son suivi ;
Communiquer sur les résultats des travaux, en interne et en externe.
| Dispositif(s) concerné(s) | Animation | Participants | Partenariats à poursuivre ou créer |
|---|---|---|---|
| DSF, surveillance biologique du territoire : SORE (JEVI et forêt-bois), contrôle des imports. | Une membre de l’équipe opérationnelle (INRAE) et le SRAL Nouvelle-Aquitaine (personne ressource DGAL) | Anses, CNPF, DGAL et SRAL (PACA), FIBNA, FREDON France, réseau FREDON France (Île-de-France), INRAE et ONF. | Partenariat à poursuivre : INRAE Bordeaux et Orléans, DSF et le réseau InterNématode Partenariat à créer : AAP du PEPR FORESTT, INRAE TETIS (télédétection) |
Travaux et avancées
Nos équipes ont mis à disposition une synthèse des travaux réalisés et des perspectives du Groupe de Travail Surveillance Nématode du Pin (GT SNP) de 2019 à 2021. Les membres de l'équipe collaborent avec les professionnels experts afin de mettre à disposition des acteurs de terrain une aide à la reconnaissance de l’organisme nuisible du nématode du pin.
Consulter la fiche de reconnaissance SORE sur le nématode du pin disponible en téléchargement
Cartographie
Des foyers de nématode du pin ont été détectés au Portugal en 1999, en Espagne en 2008, et en France en 2025, nécessitant la mise en place d’un plan de surveillance renforcée dans tous les Etats membres de l’Union Européenne. En France, les hôtes sensibles représentent environ 350 millions de m3 de volume de bois sur pied, ce qui représente au total 13% des ressources de la filière forêt-bois. La forêt landaise peuplée de pin maritime, est particulièrement concernée par cette problématique phytosanitaire. @Inventaire Forestier IGN, 2016
Une application de visualisation de données réalisée avec Shiny et développée par l’équipe opérationnelle permet de traiter les données de surveillance afin de visualiser l’effort de surveillance sur le territoire. Les sources des données de détections officielles sont apportées par la structure partenaire du Ministère de l’Agriculture, l’Anses et FREDON en région.
Dashboard
Une analyse des zones à risque d’entrée et d'établissement du nématode du pin, et d’expression de la maladie du flétrissement du pin en France a été menée par le Groupe de Travail surveillance du nématode du pin. Le contexte de l’analyse,les objectifs,les données et la méthode utilisées sont explicités dans les premiers onglets du dashboard (voir ci-dessous). Les résultats sont visualisables à l’échelle de la France et à celle d’une région sous la forme de cartes interactives. Des perspectives de travaux utilisant ces résultats sont également proposés aux décideurs publics et les agents de terrain (DGAl, les SRALs, FREDONs et le DSF) et font partis des prochaine étapes à venir du programme de travail.
Si le dashboard rencontre des problèmes d’affichage, veuillez réactualiser la page.
Actualités Nématode du Pin
- Le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a mis en ligne un dossier pour “Tout savoir sur le nématode du pin en France”.
- Arrêté du 8 avril 2026 fixant les modalités de participation de l’Etat aux frais nécessairement occasionnés par la lutte contre Bursaphelenchus xylophilus. Il abroge l’arrêté du 22 décembre 2025, tout en reconduisant à l’identique les barèmes applicables en zone infestée. La principale évolution réside dans la création d’un barème spécifique pour la zone tampon, introduisant des forfaits dédiés au broyage des rémanents issus de coupes antérieures à la détection officielle.
- Ce podcast présente le Laboratoire départemental de Villenave-d’Ornon (Gironde) qui analyseles échantillons de pins pour i’dentification officielledu nématode du pin, responsable du flétrissement des pins et qui menace les forêts des Landes de Gascogne.
- Point de situation de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine en date du 14/01/2026 concernant la surveillance et la lutte contre le nématode au niveau du foyer des Landes.
- Le 3 novembre 2025, le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) a été détecté pour la première fois à Seignosse. Le projet européen FORSAID mobilise la recherche pour appuyer la filière : intelligence artificielle appliquée des données de télédétection, pièges intelligents pour le vecteur Monochamus, détection moléculaire automatisée, et science participative. Ces innovations visent à améliorer la rapidité, la précision et l’efficacité de la surveillance et de la lutte contre le nématode et ses vecteurs.
Veille ciblée Nématode du Pin
- Le DEFRA britannique signale de nouvelles exigences françaises applicables depuis le 1er septembre 2026 aux emballages en bois accompagnant les marchandises soumises aux contrôles sanitaires et phytosanitaires à l'importation. Instaurés par le SIVEP, ces contrôles nationaux font suite au foyer de nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) dans les Landes. Le marquage NIMP 15, attestant un traitement thermique ou une fumigation, reste obligatoire et inchangé. Nouveauté : tout emballage en bois (palettes, caisses et assimilés) accompagnant ces marchandises doit désormais faire l'objet d'une notification CHED-PP dans TRACES, distincte de celle éventuellement requise pour la marchandise elle-même, avec mention du numéro de l'installation de traitement figurant sur le bois. L'obligation incombe au responsable de la marchandise ; pour les produits d'origine animale, les vétérinaires officiels n'ont pas à certifier les exigences relatives à l'emballage. Le DEFRA, avec la Forestry Commission et l'ONPV française, doivent encore préciser le champ exact d'application.
- L’EPPO fait le point sur la situation du nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus, liste A2) en France, où il avait été signalé pour la première fois en novembre 2025 à Seignosse (Landes), puis à Angresse en mars 2026. Le 16 juillet 2026, le laboratoire national de référence a confirmé sa détection sur un pin laricio symptomatique, à partir d'un échantillon prélevé lors de prospections officielles en zone urbaine à Lescar (Pyrénées-Atlantiques), à 60 km de la zone délimitée landaise. Une nouvelle zone a été délimitée et deux pins ont été abattus le 21 juillet. Le nématode a par ailleurs été détecté en juillet sur un Monochamus sp. piégé dans le Loiret (une première en Centre-Val de Loire). Qualifiée d'interception faute de détection sur un arbre, une surveillance renforcée a été mise en place. Deux autres captures positives de Monochamus sp. ont eu lieu dans la zone tampon du foyer landais. Statut officiel : présent, uniquement dans certaines parties du territoire, en cours d'éradication.
- En Pologne, l'Inspection régionale de la protection des végétaux de Białystok y mène pour la troisième saison consécutive une surveillance du nématode du pin, en collaboration avec la Direction générale des Forêts nationales. Menés dans le district de Hajnów (voïvodie de Podlachie), ces travaux s'inscrivent dans un projet de recherche visant à élaborer des stratégies efficaces de détection précoce de cet Bursaphelenchus xylophilus dans les pinèdes, dans le contexte du changement climatique. Encore absent du territoire polonais, lLes inspecteurs ont régulièrement relevé des pièges et prélevé des insectes, transmis au laboratoire phytosanitaire de référence de Toruń. Les analyses ont confirmé la présence de l’insecte Monochamus et détecté le nématode Bursaphelenchus mucronatus, espèce proche mais non classée comme organisme de quarantaine, sans toutefois révéler le nématode du pin. Les forêts polonaises demeurent ainsi indemnes.
- Cette étude a modélisé les facteurs déterminant le risque de flétrissement du pin (Bursaphelenchus xylophilus) en Chine, maladie dont la complexité issue des interactions entre le nématode, son insecte vecteur, les plantes hôtes et des variables environnementales et anthropiques, rend la prévision difficile. Les auteurs ont combiné plusieurs approches de modélisation (GeoDetector, XGBoost et SHAP), comparées à la méthode Random Forest. Parmi sept variables environnementales, la pression de vapeur d'eau s'est révélée la plus influente, suivie de la température maximale moyenne et de la répartition du vecteur Monochamus saltuarius, ces facteurs agissant en synergie pour aggraver le risque. Spatialement, les zones les plus exposées correspondent à une pression de vapeur de 2,37 à 2,75 kPa et à des températures maximales de 29,3 à 30,8 °C. Parmi les variables anthropiques, la proximité des ports domine : le risque est maximal dans un rayon de 3 km, signe que le commerce du bois, national comme international, assure la propagation à longue distance. Les auteurs recommandent de cibler la prévention sur les zones chaudes et humides et de renforcer la biosécurité aux plateformes d'échange.
- Aux États-Unis, le service forestier du Dakota du Nord a détecté pour la première fois le flétrissement du pin dans l'État. En enquêtant sur une mortalité de pins sylvestres, ses agents ont identifié la maladie dans deux comtés, Ransom (forêt d'État de Sheyenne River) et Sargent (près de Forman), une découverte confirmée le 11 août 2026 par le laboratoire de pathologie végétale de l'Université d'État du Dakota du Sud. Provoquée par le nématode Bursaphelenchus xylophilus, transmis d'arbre en arbre par des coléoptères longicornes indigènes du genre Monochamus, la maladie tue les pins non indigènes comme le pin sylvestre, le pin noir d'Autriche et le pin mugo, en provoquant l'effondrement des vaisseaux conducteurs d'eau. Le pin sylvestre meurt généralement en une saison, le pin noir en deux.